L'Église

Beleymas tient son nom de celui d'une déesse gauloise, Belisama, "la très claire"; elle était associée au dieu Belenos. Elle faisait partie de ces "déesses-mères" qui protégeaient la femme, l'enfant et les récoltes. Elles sont souvent représentées assises dans un fauteuil, un ou deux enfants sur les genoux, un chien couché au pied. Après la christianisation, Belisama a été remplacée par sainte Marguerite qui, elle aussi, est censée protéger la femme et l'enfant.

Eglise Saint-Martin

Saint Martin : titulaire

Sainte Marguerite: patronne

 

            L’édification d’une église à cet emplacement date vraisemblablement du 5ème ou 6ème siècle. Saint Martin (4eme siècle) ayant demandé la destruction des temples gaulois et l'édification d'églises à leur place. L'église de Beleymas a remplacé un ancien sanctuaire dédié à Belisama. On a retrouvé, lors de fouilles récentes, les vestiges de ce petit temple, enfouis à 1,50 m de profondeur devant l’entrée de l’église.

L’église a été restaurée au 17ème siècle, c’est de cette époque que date le clocher mur. Les guerres de religion n'avaient pas permis l'entretien des églises qui se trouvaient donc en état d'abandon.

Le 27 juillet 1667, dimanche de la fête de sainte Marguerite, patronne de Beleymas, une cloche fut inaugurée après avoir été faite sur place. Elle fut enlevée et fondue à la Révolution. La cloche actuelle date de 1858.

L’église a été agrandie au 19ème siècle, puis restaurée en 1922 et en 1998.

 

Le retable date du 17ème siècle. Il est protégé. Il provient de la chapelle privée des sœurs du couvent de la Visitation à Périgueux. Ce couvent a été démoli à la révolution. Heureusement un prêtre nommé Coignel avait pu pu acheter le retable. C’est lui qui le fit installer à Beleymas dont il était alors le curé. Le retable avait une hauteur de 36 pieds (10 m environ) sur 24 pieds de large (près de 8 m). Trop grand, deux panneaux sculptés avaient été enlevés et revendus à Montagnac-la-Crempse et s'y trouvent toujours, dans l'église.

A la fin du 19eme siècle, à la suite de travaux réalisés lors de l’agrandissement de l’église et notamment l’ouverture de fenêtres, il dût malheureusement être coupé en trois parties. C’est aussi à cette époque qu’on choisit de le décorer. Il était depuis sa création en bois ciré.“Le bois ouvragé tel quel, aux yeux d’un artiste eût mieux valu; mais le peuple préfère l’éclat de l’or et des couleurs”, écrit le curé Chazot en 1891. On y ajouta donc à cette époque un peu de couleur grise et de la dorure. Depuis certains panneaux ont été repeints et la dernière restauration a laissé libre cour à la fantaisie.

Les tableaux évoquent des épisodes de la vie de saint François de Sales et de sainte Françoise de Chantal, qui est à l’origine de l’ordre de la Visitation.

On remarquera de très beaux panneaux sculptés représentant les quatre évangélistes. Les deux bustes (en haut de l’abside) servaient autrefois de reliquaires. Au 19ème s. le curé signale des traces de reliques de sainte-Livrade provenant peut-être d’une église aujourd’hui disparue à Gammareix (Saint-Martial). Cette église alors dite de Galmares est citée dans un texte datant de 1324 mais ne figure dans aucun des registres du diocèse.

C. Paoletti